Les bons gestes pour préserver la faune sauvage pendant l’été
Publié le 03 juillet 2026
L’été est une saison pleine de vie dans la nature. Les journées s’allongent, les jeunes animaux découvrent leur environnement et de nombreuses espèces sont en pleine période d’activité. Mais derrière cette apparente abondance, la saison estivale peut aussi mettre la faune sauvage à rude épreuve : fortes chaleurs, manque d’eau, dérangement des habitats naturels…
Bonne nouvelle : vous pouvez, à votre échelle grâce à quelques gestes simple, faire une vraie différence.
Pourquoi les animaux ont-ils besoin d’aide pendant l’été ?
En été, la hausse des températures et les périodes de sécheresse compliquent l’accès à l’eau et à la nourriture pour de nombreuses espèces. Les oiseaux, les hérissons, les insectes pollinisateurs ou encore les petits mammifères sont particulièrement vulnérables, notamment les jeunes nés au printemps.
Les activités humaines augmentent également durant cette période : fréquentation des espaces naturels, jardinage, travaux extérieurs ou pique-niques peuvent perturber les animaux dans leurs habitats naturels.
Heureusement, il existe des gestes simples pour cohabiter avec la faune sauvage tout en la protégeant.
Offrez de l’eau : le geste le plus vital de l’été
En pleine canicule, l’eau est la ressource, la plus précieuse et la plus rare. Les oiseaux, hérissons, renards, insectes pollinisateurs et même les chauves-souris en manquent cruellement dès que les températures grimpent.
Comment aménager un point d’eau pour la faune sauvage ?
Il suffit de peu : une soucoupe, un plat creux ou un vieux récipient posé au sol, à l’ombre, régulièrement remplie. Quelques règles pour que ce geste soit vraiment bénéfique :
- Choisissez un récipient peu profond (5cm suffisent) pour éviter la noyade des petits animaux et insectes.
- Déposez quelques galets ou cailloux au fond : les abeilles et les bourdons pourront s’y poser pour boire sans se noyer.
- Changez l’eau tous les deux jours pour éviter la prolifération de moustiques et la stagnation.
- Placez le point d’eau à l’abri des chats/chiens, idéalement en hauteur ou entouré de végétation.

Les conseils de Sainte-Croix
Evitez les récipients en plastique sombre qui chauffent très vite au soleil. Une soucoupe en terre cuite ou un bol en pierre garde l’eau fraîche bien plus longtemps.

Et pour les chauves-souris, très active l’été
On l’ignore souvent, mais les chauves-souris sont de grandes consommatrices d’eau en été ; elles boivent en vol, en rasant la surface des plans d’eau. Un simple bassin de jardin, même modeste peut leur être précieux. Elles remercieront votre jardin en dévorant jusqu’à 3 000 moustiques par nuit.
Des espèces à ne pas oublier cet été
On pense spontanément aux oiseaux ou aux hérissons. Mais l’été met en difficulté bien d’autres animaux, souvent invisibles ou méconnus.

Les amphibiens : victimes silencieuses de la sécheresse
Grenouilles, crapauds, tritons… Les amphibiens sont parmi les animaux les plus sensibles aux variations climatiques estivales. Leur peau perméable les expose directement à la déshydratation et l’assèchement des mares (qui est de plus en plus fréquent en été) peut anéantir des populations entières en quelques semaines.
Si vous avez un jardin, creuser une simple mare peu profonde (même 1 m²) est l’un des gestes les plus efficaces pour la biodiversité locale. Pas besoin de la remplir : la pluie et l’humidité suffisent. En quelques semaines, grenouilles et libellules s’y installeront spontanément.
Les abeilles sauvages : soif et manque de fleurs
On parle beaucoup des abeilles domestiques, mais les 1000 espèces d’abeilles sauvages présentes en France sont tout aussi précieuses et bien plus vulnérables en été. Elles souffrent du double effet des vagues de chaleur : fleurs qui fanent prématurément et manque d’eau.
En plus du point d’eau avec galets, plantez ou laissez pousser des espèces à floraison tardive : lavande, bourrache, phacélie, origan sauvage. Elles offriront du nectar jusqu’en septembre, quand la plupart des jardins sont déjà à sec.


Les lézards et les reptiles : attention aux filets et piscines
Les lézards des murailles et les couleuvres sont très actifs en été, mais ils se noient facilement dans les piscines ou les bassins à parois lisses dont ils ne peuvent pas ressortir. Une simple planche inclinée ou une corde posée sur le bord suffit à leur offrir une sortie de secours.
Les filets de protection agricoles au sol sont aussi une cause de mortalité méconnue : serpents et lézards s’y retrouvent piégés et meurent d’épuisement. Préférez des filets à larges mailles ou des alternatives sans filet quand c’est possible.
Le hérisson en été : plus actif et plus exposé
Contrairement à l’idée reçue, le hérisson ne se contente pas d’hiberner l’hiver. En juillet-août, les femelles allaitent leur deuxième portée tout en devant couvrir jusqu’à 3 km par nuit pour se nourrir. C’est la période où les accidents de tondeuse, de débroussailleuse et de voiture sont les plus fréquents.

Les conseils de Sainte-Croix
Avant de vider un tas de compost ou de bois en été, plantez un bâton dedans la veille et vérifiez le lendemain s’il a bougé ; signe qu’un animal s’y est niché. Et créez un « passage hérisson » dans votre clôture : un trou de 13 x 13 cm suffit pour qu’il circule librement entre les jardins. Ne lui donnez surtout pas de lait : les hérissons sont intolérants au lactose. De l’eau fraiche et quelques croquettes pour chats feront très bien l’affaire.
Adoptez les bons réflexes au jardin
Nos jardins sont des refuges précieux pour la faune sauvage… à condition de ne pas en faire des déserts verts impeccables.
Pourquoi faut-il éviter de tondre en juillet-août ?
C’est la période de nidification tardive de nombreuses espèces et de mise bas chez les lièvres et les lapins. Une tondeuse passée trop tôt sur une prairie peut détruire des nids entiers en quelques secondes. Laisser un coin de jardin en herbes hautes, même petit, peut sauver des portées entières.


Faut-il vraiment ramasser les fruits tombés à terre ?
Pas forcément ! Les fruits tombés ; pommes, poires, prunes constituent un festin pour de nombreux animaux en été : merles, étourneaux, guêpes, hérissons, renards. En laissant une partie sur le sol, vous offrez un garde-manger naturel qui ne vous coûte rien. Une zone de « non-intervention » au fond du jardin peut devenir un hotspot de biodiversité.
Que faire si vous trouvez un jeune animal seul ?
C’est le réflexe le plus courant et souvent le plus mal géré. En été, les appels pour des « animaux abandonnés » explosent. Dans 9 cas sur 10, il ne s’agit pas d’un abandon.
Oisillon tombé du nid : faut – il le ramasser ?
Un oisillon avec des plumes (appelé branchu) qui sautille sur le sol est en plein apprentissage du vol : ses parents l’observent de loin. Le ramasser lui est souvent fatal. En revanche, un oisillon nu ou quasi-nu tombé d’un nid accessible peut être délicatement remis dedans : contrairement à une idée reçue, les parents ne l’abandonneront pas pour autant.
Comment réagir face à un animal blessé ?
Ne le nourrissez pas de votre propre initiative, ne lui donnez pas d’eau à la seringue, ne le gardez pas dans une boîte en plein soleil. Contactez le plus vite possible un centre de soins pour animaux sauvages (CDAS, FAUNIA, LPO locale) ou votre vétérinaire le plus proche.
© Parc Animalier de Sainte-Croix

