Expressions animalières : connaissez-vous leur histoire?
Publié le 25 août 2026
Avez-vous déjà remarqué à quel point nos expressions quotidiennes ressemblent à une véritable Arche de Noé ? On passe nos journées à sauter du coq à l’âne, à devenir chèvre ou à poser un lapin.
Mais vous êtes-vous déjà demandé d’où venaient ces expressions ? Quel est le vrai rapport avec le caractère des animaux ?
Préparez-vous à briller à la machine à café : voici l’histoire (souvent drôle, parfois surprenante) derrière 8 expressions avec les animaux… que vous pouvez d’ailleurs croiser en vrai au Parc !
« Passer du coq à l’âne »
Signification : Changer brutalement de sujet de conversation sans transition logique.
L’origine pédagogique : Au XIVe siècle, on disait plutôt « sauter du coq à l’âne ». À l’époque, le mot « âne » s’écrivait « asne », qui venait du latin anas (la cane). L’expression initiale désignait un coq qui essayait de s’accoupler… avec une cane ! Ce rapprochement étant étrange, signifiant mettre deux animaux qui ne vont pas ensemble, comme on quand on passe d’un sujet à un autre.
Puis, petit à petit, on a arrêté d’appeler « ane » la femelle du canard et le mot « cane » a pris le dessus. Et donc l’expression s’est progressivement transformée… « On a oublié qu’on disait ane en ancien français, et donc on a remis l’accent circonflexe en pensant qu’il s’agissait de l’animal proche du cheval. »
Le clin d’œil du Parc : Rassurez-vous, à la Ferme des Vents, nos coqs et nos ânesses vivent en parfaite harmonie, chacun chez lui !

« Donner sa langue au chat »

Signification : Renoncer à trouver la solution d’une devinette.
L’origine pédagogique : Au XIXe siècle, on disait « jeter sa langue aux chiens ». Le chien étant considéré comme un animal qui récupère ce dont on ne veut plus, l’expression signifiait abandonner sa recherche. Avec le temps, le chat a remplacé le chien. Pourquoi le chat ? Parce qu’il est le gardien des secrets, mystérieux et indépendant. Lui donner sa langue, c’est lui confier la relève du secret.
Le clin d’œil du Parc : Moins domestique mais tout aussi mystérieux, notre Chat forestier sait se faire très discret dans les feuillages. Si vous jouez à cache-cache avec lui, vous risquez de donner votre langue au chat !
« Devenir chèvre »
Signification : S’impatienter, s’énerver, perdre son sang-froid.
L’origine pédagogique : Cette expression date du XVIIe siècle. Vous avez tous déjà observé une chèvre : on sait qu’elle est vive, têtue, qu’elle saute partout et qu’elle peut changer d’humeur en un quart de seconde. « Prendre la chèvre », c’était se vexer brusquement pour un rien. Aujourd’hui, on « devient chèvre » quand une situation nous fait tourner en bourrique !
Le clin d’œil du Parc : Venez tester votre patience à la mini-ferme ! Nos chèvres adorent les caresses, mais elles savent très bien vous faire savoir quand elles en ont eu assez.

« Être rusé comme un renard »

Signification : Être très malin, perspicace, savoir se tirer d’affaire.
L’origine pédagogique : On doit cette expression au célèbre Roman de Renart du Moyen Âge et aux fables de La Fontaine. Le renard y est toujours dépeint comme un personnage ingénieux qui compense son manque de force physique par une intelligence stratégique hors norme. Dans la réalité, le renard est effectivement un opportuniste incroyable, capable de ruses étonnantes pour chasser ou échapper aux dangers.
Le clin d’œil du Parc : Observez le regard affûté de nos renards roux. On devine tout de suite qu’ils ont un coup d’avance sur nous.
« Avoir un caractère de cochon »
Signification : Être désagréable, grognon, difficile à vivre.
L’origine pédagogique : Le pauvre cochon souffre d’une réputation injuste depuis des siècles. Parce qu’il aime se rouler dans la boue (ce qui lui sert en réalité à se protéger du soleil et des parasites !), l’homme l’a associé à la saleté. Avoir un « caractère de cochon », c’est être perçu comme grognon et imprévisible. Pourtant, le porc est l’un des animaux les plus intelligents et propres de la création !
Le clin d’œil du Parc : Nos cochons de la Ferme des Vents ont un sacré tempérament, surtout quand l’heure du repas approche !

« Poser un lapin »

Signification : Ne pas se pointer à un rendez-vous amoureux ou professionnel.
L’origine pédagogique : Au XIXe siècle, un « lapin » désignait un homme galant qui refusait de payer les faveurs d’une jeune femme (il s’éclipsait discrètement). Pourquoi le lapin ? À l’époque, dans l’argot des jeux de fête foraine, « commettre un lapin » signifiait ne pas gagner le lot escompté. Aujourd’hui, l’expression a évolué, mais l’idée reste la même : on attend quelque chose (ou quelqu’un) qui ne vient jamais !
Le clin d’œil du Parc : À la Ferme des Vents, nos petits lapins ne vous poseront jamais de lapin : ils sont toujours au rendez-vous.
« Avoir une faim de loup »
Signification : Avoir un appétit féroce, être affamé.
L’origine pédagogique : Cette expression remonte au Moyen Âge, une époque où le loup était le grand prédateur redouté des campagnes. Mais d’où lui vient cette réputation de « grand mangeur » ? Dans la nature, le loup est un chasseur opportuniste. Contrairement à nous, il ne prend pas trois repas par jour : il peut passer plusieurs jours (parfois une semaine !) sans rien attraper. Alors, quand la meute réussit enfin sa chasse, un loup adulte est capable d’engloutir jusqu’à 4 à 5 kg de viande en un seul repas pour compenser la période de jeûne. Une vraie faim de loup !
Le clin d’œil du Parc : Ne manquez pas l’heure du nourrissage de nos meutes (loups gris, loups noirs ou loups blancs). Vous verrez qu’ils portent leur expression à merveille, même si nos soigneurs veillent à ce qu’ils ne manquent de rien !

« Trouver le mouton à cinq pattes »

Signification : Dénicher la perle rare ou quelque chose de totalement introuvable.
L’origine : Cette expression du XIXe siècle vient d’une anomalie génétique rarissime où un mouton naît avec une patte en trop. Pour les éleveurs, croiser un tel animal relevait du miracle ! L’image est restée pour désigner la quête de la perfection impossible.
Le clin d’œil du Parc : À la Ferme des Vents, tous nos moutons ont bien leurs quatre pattes ! Mais pour nous, la vraie perle rare, c’est de pouvoir préserver ces races rustiques locales et vous les faire découvrir en vrai. Une belle victoire pour la biodiversité !
Et vous, quelle est votre expression préférée ?
La langue française regorge encore de pépites (pleurer des larmes de crocodile, être une poule mouillée, courir deux lièvres à la fois…).
La prochaine fois que vous viendrez vous promener sur les sentiers du Parc Animalier de Sainte-Croix, amusez-vous à observer nos pensionnaires : vous verrez que nos ancêtres n’avaient pas tout à fait tort en s’inspirant de leurs comportements !
© Cindy Damas et Sylvie Froment

