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Événement

Réintroduction de Chouettes de l’Oural en Bavière

13 chouettes de l’Oural réintroduites en Bavière

Le 27 juillet 2023, un convoi de 13 chouettes de l’Oural nées dans des parcs zoologiques, dont 3 à Sainte-Croix, est parti de Rhodes en Moselle, en direction de la forêt du Haut-Palatinat pour être réintroduite dans la nature.

L’objectif est d’établir une petite population stable et de la relier à une autre petite population isolée actuelle du parc national de la forêt bavaroise.

L’association VLAB

L’association VLAB s’applique depuis 7 ans au retour de la chouette de l’Oural dans le Haut-Palatinat d’où elle avait disparu.

L’association est financée exclusivement par la cotisation des adhérents ou par les dons de fondations ou de personnes privées. Le travail du comité d‘administration, des conseillers, des directeurs régionaux et du comité honoraire est réalisé sur la base du volontariat. Les membres associatifs sont des amis de la nature, des experts de la protection de la nature, des associations diverses, des sociétés civiles. Tous oeuvrent dans un même but : préserver et protéger la nature et l‘environnement.

L‘association jouit d‘une reconnaissance à l‘échelle nationale et travaille à la réintroduction de cette espèce disparue de la région depuis une centaine d‘années. Selon un rapport de presse de l‘association, 60 jeunes chouettes de l‘Oural ont été réintroduites dans la nature depuis le lancement du projet. « Notre but est d’établir une petite population stable et de la relier à une autre petite population isolée actuelle du parc national de la forêt bavaroise », explique Michaela Domeyer, responsable du projet, « afin d’atteindre une amélioration de la diversité génétique des chouettes et de minimiser le risque d’extinction ».

La Chouette de l’Oural à Sainte-Croix

Le Parc Animalier héberge actuellement deux couples en son sein :

  • le premier, formé en 2018, a déjà eu plusieurs succès en termes de reproduction puisqu’il a donné naissance à deux poussins en 2020 (un mâle et une femelle) et deux autres en 2021 (deux femelles). Tous les quatre ont pu être réintroduits. Cette année, un cinquième poussin mâle va pouvoir les rejoindre.
  • le deuxième, tout juste formé en ce début d’année, n’a pas perdu de temps puisqu’il a donné naissance à deux femelles.

Sous l’oeil attentif de l’équipe animalière, ils ont tous été nourris et élevés par leurs parents. En effet, cela assure un développement optimal de l’oiseau et lui permet de se sociabiliser avec ses congénères. Autrement, il ne pourrait pas regagner son milieu naturel dans de bonnes conditions.


Cette année est particulièrement importante pour Sainte-Croix, car, en plus de fournir pour la troisième fois des oiseaux au programme de réintroduction, le parc prend en charge le tout nouvel EEP (Programme européen pour les espèces menacées) de cette espèce, soutenu par l’Association Européenne des Zoos et Aquariums (EAZA) dont la création fut officialisée en mars dernier. Rebecca Loiseleur, assistante zoologique à Sainte-Croix, en est la coordinatrice.

Le bilan annuel

Au total, ce sont 20 chouettes de l’Oural qui vont être réintroduites au nord des forêts de cette région.

L‘année 2023 est la plus fructueuse depuis l’existence du programme de renforcement des populations initié par le VLAB en termes de quantité d’oiseaux reconduits en liberté. Un tel chiffre n’aurait pas pu être atteint sans les efforts de tous les parcs engagés.

Cette quantité remarquable d’oiseaux est due aux contacts qui ont pu se créer au cours des dernières années. Les jeunes oiseaux proviennent cette année de structures partenaires du programme : le Tierpark Berlin et le Parc National de la Forêt Bavaroise (Allemagne) ainsi que du Monde Sauvage (Belgique).

Néanmoins, la majorité des oiseaux sont issus de structures françaises. C‘est déjà la quatrième fois que des éleveurs français soutiennent le projet en fournissant de jeunes oiseaux. Cette année, le soutien venait du Zoo de la Flèche, qui eut pour la première fois des naissances de cette espèce, du refuge de rapaces Le Faucon Solognot près d‘Orbigny (région centre), du Puy du Fou en Vendée, de la fauconnerie du Chateau des Milandes (Castelnaud-la-Chapelle en Dordogne) et du Parc Animalier de Sainte-Croix, qui a également assuré la logistique de transfert des jeunes chouettes.

Siane, transporteur français d’animaux vivants reconnu par un grand nombre de parcs zoologiques, a assuré le transport des jeunes chouettes jusqu’en Bavière. Le coût de cette opération est à la fois supporté par le transporteur lui-même, renforçant ainsi sa contribution au projet, et est majoritairement financé par le Parc Animalier de Sainte-Croix, à travers son Fonds de Dotation Sainte-Croix Biodiversité, qui œuvre depuis sa création en 2016 à la sauvegarde des espèces en soutenant des programmes de conservation.

Ce voyage de plus de 1 300 kilomètres a débuté par Le Faucon Solognot le 26 juillet à 12h et s’est achevé le lendemain à 17h, où les oiseaux ont été pris en charge par le VLAB à Erbendorf en Allemagne. Le convoi a transité par la Flèche et Sainte-Croix, afin de récupérer leurs oiseaux respectifs, mais également par le parc animalier de l’espace Rambouillet, partenaire du projet. Ce dernier a accepté d’accueillir au sein de ses volières les chouettes des Milandes et du Puy du Fou, facilitant ainsi la logistique du transport de ces animaux.

Et ensuite…

Une fois arrivés à destination, les animaux vont patienter environ quatre semaines dans des volières spécialement conçues afin qu‘ils s‘habituent à leur nouvel environnement et perdent leur lien aux personnes humaines. Actuellement, il existe trois volières pouvant accueillir chacune cinq oiseaux à la fois. Ces derniers sont nourris par l‘intermédiaire d‘équipements spéciaux, sans aucun contact anthropique. Ces volières d‘acclimatation seront par la suite ouvertes pour permettre aux chouettes d’explorer et regagner progressivement leur habitat naturel tout en gardant ces volières comme repère.

Les projets futurs

Un investissement important a été fait par le VLAB afin d’équiper certaines chouettes réintroduites d’émetteurs GPS avant leur envol en liberté (télémétrie). Sous la supervision du vétérinaire Dominik Fisher, spécialiste en santé des populations d’animaux sauvages, le but est de récolter des informations sur les modes et les voies de dispersion des chouettes réintroduites afin d’installer des nichoirs de façon ciblée. Malheureusement, l’association ne disposera pas à temps des autorisations nécessaires pour équiper les chouettes cette année, mais travaille activement en ce sens afin d’équiper les prochains relâchés en 2024.

Entre temps, près de 220 nichoirs ont été accrochés dans les forêts des régions Fichtelgebirge, Hessenreuther Wald, Haut-Palatinat, Steinwald, sur le terrain d’entraînement militaire de Grafenwöhr et dans la forêt voisine Böhmischer Wald de République Tchèque. D’autres animaux profitent également de ces nichoirs, par exemple les chouettes hulotte.

Presque tout au long de l‘année, l‘association reçoit des indices de présence des chouettes de l‘Oural sous forme de photos ou d‘observations de la part de forestiers, de travailleurs des forêts, d‘agriculteurs, de membres qualifiés ou de pièges photos installées. « Il arrive que des ornithologues nous donnent des indications sur les cris des oiseaux particulièrement en automne et en fi n d‘hiver où nous entendons leurs appels dans le cadre de notre monitoring acoustique », rapporte Domeyer. La plupart de ces appels et observations se concentrent sur un radius de 15 kilomètres autour des volières d’acclimatation. D‘autre part, une présence sur les lieux est toujours nécessaire : les aides volontaires continuent à fournir en nourriture les tables d’alimentation pour faciliter la transition des chouettes vers l’indépendance.

Un travail de sensibilisation

Un travail de sensibilisation des populations locales est déjà assuré par l’association auprès des écoles afin d’expliquer les conflits qui ont pu conduire à l’extinction de l’espèce en Europe Centrale et ainsi l’en préserver : la chasse et la perte de son habitat en sont les principales facteurs.

Un des challenges pour l’EEP nouvellement créé va être d’évaluer la diversité génétique qui existe au sein des populations d’Europe Centrale, mais également au sein des parcs zoologiques afin d’entreprendre des actions de relâché plus ciblées et d’optimiser les recommandations de reproduction auprès des structures animalières.

L’importance du projet

Espèce protégée, la chouette de l’Oural présente un rôle primordial dans l’équilibre écosystémique en tant que prédateur : rapace nocturne de grande taille, elle est l’une des rares espèces de son genre à chasser des proies telles que les rats, les pigeons ou les pies. Elles vont consommer diverses espèces de rongeurs, d’oiseaux et d’amphibiens, assurant ainsi leur rôle de régulateur naturel des populations.

Assurer le rétablissement de cette espèce doit permettre d’améliorer les structures forestières qu’elles occupent avec des effets de synergie positifs pour de nombreux groupes d’espèces des règnes végétal, animal et fongique.

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