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Animaux

 Les espèces menacées par les hivers trop doux : quand la nature perd ses repères

Derrière l’apparente bonne nouvelle d’hivers plus doux se cache en réalité un déséquilibre profond qui bouleverse les cycles naturels et menace la biodiversité. On observe ces dernières années des hivers qui deviennent de plus en plus doux. Si cela peut sembler une bonne nouvelle pour la faune sauvage : moins de froid, moins de neige, et donc plus de nourriture disponible…La réalité est très différente. Ces changements de températures perturbent les équilibres naturels et fragilisent certaines espèces. Ces hivers trop doux représentent une véritable menace pour la biodiversité.

Des hivers trop doux : un dérèglement climatique qui bouleverse les cycles naturels

La nature fonctionne au rythme des saisons. Ainsi, lorsque l’hiver est trop doux, les repères biologiques, la faune et la flore sont perturbés. 

Quelques conséquences directes de ce dérèglement :

  • Des floraisons précoces : Lorsque les fleurs apparaissent trop tôt au printemps, elles risquent d’être touchées par des gelées tardives. Ces épisodes de froid peuvent détruire les bourgeons  avant même qu’il ne soit transformé en fruit ou en fleurs. Cela prive de nombreuses espèces de nourriture. 
  • Une migration perturbée : les oiseaux migrateurs partent plus tard ou ne migrent plus du tout. Ce changement de comportement peut paraître anodin, mais il crée des déséquilibres majeurs. Les oiseaux vont manquer la période optimale de reproduction et vont se retrouver en concurrence pour obtenir de la nourriture en suffisance. 
  • Une hibernation écourtée : les hérissons, chauves-souris, tortues, ours ou amphibiens sortent de leur sommeil beaucoup plus tôt, sans trouver assez de nourriture.
    En effet, l’augmentation des températures pousse les animaux qui hivernent ou hibernent à sortir de leur sommeil bien plus tôt que prévu. Or, à cette période, la nourriture est encore rare et les ressources insuffisantes pour compenser l’énergie dépensée. Ce réveil prématuré entraîne un affaiblissement général et augmente les risques de mortalité. Cela à un impact direct sur la biodiversité. 
  • Le cycle des insectes décalé : certains insectes émergent avant que leurs plantes hôtes ne soient prêtes.

Les espèces les plus touchées par les hivers trop doux

Certaines espèces menacées par les hivers trop doux voient leur cycle de reproduction ou leur survie directement affectés.

    Les oiseaux migrateurs

    Certains oiseaux migrateurs, comme les grues cendrées, les cigognes ou bien encore les rouges-gorges, adaptent ces dernières années leur migration. En effet, ils restent plus longtemps ou ne quittent plus la France, car ils trouvent encore de la nourriture et n’ont donc plus besoin de parcourir plusieurs kilomètres pour passer l’hiver au chaud.

    Si à première vue cela semble positif, le fait que les hivers soient plus doux et que certains oiseaux ne migrent plus perturbe les équilibres naturels. Ces oiseaux vont alors consommer la nourriture disponible tout au long de l’année et non sur une période, ce qui crée de la concurrence avec les espèces locales. Cela peut aussi avoir un impact sur les périodes de reproduction des oiseaux qui en se décalant peuvent causer la mort des jeunes qui sans nourriture ne résistent pas .

    En restant sur place, les oiseaux migrateurs montrent que le climat se réchauffe, ce qui dérègle les cycles naturels des écosystèmes.

    Les marmottes

    Les marmottes , espèce sentinelle du climat de montagne, sont impactées par la diminution de l’épaisseur de la neige dans les hautes montagnes. En hiver, elles hibernent dans leurs terriers, et la neige présente au-dessus joue un rôle d’isolant thermique pendant toute la saison froide. Avec moins de neige, le froid pénètre plus facilement dans les terriers, ce qui a pour conséquence directe une baisse de la fécondité chez les femelles. Ainsi, la hausse des températures réduit la taille des portées de marmottes.

    Les cervidés

    Une étude à montré que les hivers plus doux auraient des effets bénéfiques pour de nombreuses populations de cervidés. En effet, ils peuvent dépenser moins d’énergie pour se réchauffer et ont plus de facilités à trouver de la nourriture. Mais pour les animaux plus adaptés au froid, comme les élans ou les rennes, la situation est plus compliquée.

    Le réchauffement des territoires permet aux cerfs de remonter vers le nord, dans les territoires où vivent essentiellement les élans, qui leur permettait de vivre dans des températures adaptées à leur espèce. Ce déplacement des cerfs  vers le nord crée une forte concurrence pour la nourriture et augmente le risque de transmission de maladies entre les 2 espèces de cervidés.

    Le changement climatique modifie également la végétation : certaines plantes et arbres typiques des forêts froides disparaissent ou deviennent plus rares. Les élans ont alors plus de mal à se nourrir, ce qui fragilise leurs populations et menace leur survie à long terme.

    Un autre élément préoccupant est l’arrivée de la maladie émergentes avec la présence des tiques et des moustiques, qui se propagent désormais plus longtemps au cours de l’année. En temps normal, ces insectes ne survivent pas au-delà d’une certaine altitude, ce qui pousse des animaux comme les rennes ou les mouflons d’Amérique à grimper plus haut pour s’en protéger. Cependant, avec le réchauffement climatique et la hausse des températures, les tiques et les moustiques colonisent désormais les zones d’altitude. Cette évolution entraîne directement la propagation de nouvelles maladies.

      Un déséquilibre qui touche toute la biodiversité

      Des hivers trop doux ne touchent pas qu’une seule espèce : ils perturbent l’équilibre de tout un écosystème et les espèces menacées. Si les insectes sortent trop tôt de terre et décèdent, les oiseaux insectivores vont manquer de nourriture. De même, si certaines plantes fleurissent en plein mois de février avant de geler, elles ne produisent plus de fruits, privant d’autres animaux de ressources à l’automne. Puis, cette chaîne se répète, jusqu’à ce que ce soit toute la chaîne alimentaire qui s’affaiblit, rendant les écosystèmes moins résistants face au changement climatique avec pour conséquence l’extinction de certaines espèces.

      Sensibiliser pour agir : un engagement nécessaire face aux hivers trop doux

      Les hivers doux ne sont pas une bonne nouvelle pour la faune et la flore. Ils perturbent les rythmes naturels, menacent la survie des espèces et fragilisent tout l’équilibre de la biodiversité.

      Mais chacun peut agir, à son niveau, pour aider la nature à retrouver son rythme : observer, protéger, sensibiliser. C’est ce que le Parc Animalier de Sainte-Croix s’efforce de faire depuis plus de 45 ans. 

      Ensemble, aidons la faune sauvage à traverser ce dérèglement climatique. À travers ses actions et son conte d’hiver grandeur nature, le Parc Animalier de Sainte-Croix sensibilise petits et grands aux conséquences des hivers trop doux sur les espèces menacées

      En ce moment à Sainte-Croix